Pascal Graziani : « Un tableau est un combat dans l’espace »

 Peintre sept dimanche sur sept, Pascal Graziani nous offre une conception de l’art abstrait qui permet de mieux l’appréhender, et peut-être, qui sait, de l’apprécier.

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©Pascal Graziani


 Des déclinaisons à l’improvisation

 Pendant ses études, Pascal était modèle. À force de rester plusieurs heures sans bouger à regarder des peintres, l’envie de faire pareil le prend. Pour commencer, il s’essaie aux déclinaisons — des adaptations d’œuvres dont il ne reste qu’un trait, qu’une couleur, qu’une forme qui puisse rappeler l’original. « À partir d’une œuvre classique et de deux ou trois couleurs fixes, je pars dans tous les sens. » C’est sa première période. Il prend ça comme un jeu avec les oeuvres, qui lui permet de se les approprier. Petit à petit, il se tourne vers le genre abstrait. Un terme qu’il considère comme devenu trop général : « Je préfère dire « des peinture d’improvisation ». »

©Pascal Graziani


 Le retrait de l’auteur

 L’improvisation est une liberté qu’il se permet et qu’il souhaite partager . Ses peintures ouvrent la porte d’un monde que chacun s’approprie, découvre et transforme. Un choix délibéré; l’artiste reste en retrait et ne guide pas le spectateur : « Je ne donne pas de titres à mes tableaux, je souhaite laisser une liberté totale d’interprétation. Dès que tu donnes un titre, on va chercher une référence dans ton oeuvre, et ça met un cadre de pensée que je ne veux pas. » Pascal aime donner la sensation de voyager, de réfléchir sans aucune indication. Pour lui, cet art a une construction liée au temps et à l’espace. Chacun peut ainsi choisir un repère et analyser sa propre conception des formes et des couleurs : « Ce que racontent mes tableaux n’est pas dépendant de moi, et c’est tant mieux ! Au point que je les retourne sur eux-mêmes si je vois une forme un peu trop ressortir. Tout le monde verra différentes choses, mais en aucun cas ce ne sera intentionnel. »

pascal.jpg©Pascal Graziani


 L’art est dans le temps…

 Une rigueur se dégage quand il parle de ses toiles, une volonté exprimée dans la construction et non dans l’œuvre elle-même. L’improvisation demande un sens du détail, tel celui d’un architecte qui casse et blanchit son dessin sans perdre des nuances créées. Celles-ci sont « des fantômes qui témoignent du trajet de l’œuvre finale. » Pascal peint tous les jours, il tient à ce moment d’expression. « C’est une récupération du temps qui t’est enlevé par le travail. » Dans son récit, peindre à l’improviste revient à se confronter à l’infinité de l’imaginaire. Sans déterminisme dans sa peinture, il se lance selon la dimension de sa toile et alors « l’art c’est peut-être de se dire que c’est fini, c’est d’être arrivé à un équilibre. » À méditer.

Le lien du site de Pascal pour plus d’oeuvres:
http://grazianipascal.wix.com/pascal-4#!travaux-r/cay5

Baptiste Martin

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