Marie Clyde

Auteure, compositrice, interprète, Marie est montée sur Paris il y a de ça trois ans.
Pas pour la Ville Lumière, non: pour ses lieux où un contact s’opère naturellement. Dont, bien entendu, son métro, duquel elle teinte les carreaux livides de sa voix angélique.

Depuis mai dernier, j’occupe le couloir de la ligne 3 direction pont de Levallois, à République. J’ai obtenu ma carte de musicien du métro il y a 6 mois; j’étais tellement contente! L’audition a lieu tous les semestres, et là je viens de la renouveler.
Les frais de dossier ne coûtent que quinze euros et ils te donnent également un panneau « musicien du métro », ce qui évite les regards de travers du style: « Elle chante dans le métro, encore une vagabonde… » et tout ce qui peut passer dans la tête des gens qui jugent un peu trop vite (rires). Ca redore clairement le blason de notre statut en facilitant le rapport au public.

Lorsque tu as une autorisation, tu peux te mettre où tu veux. Alors, autant faire les choses bien, j’ai choisi un endroit passant et varié socialement, dans un long couloir qui offre une bonne acoustique.

13307381_1727832404140498_6405479687079274266_nCrédit photo: Mauricio Béraud

Ce qui est génial avec la performance dans le métro, c’est la vitrine que ça offre. Un exemple très significatif: j’avais 170 likes sur ma page Facebook en mai dernier, maintenant, plus de 500. Ca accélère carrément le processus en fait, tout en m’apportant énormément (ne serait-ce qu’au niveau des encouragements et des remerciements des passants), et je le sens bien quand des inconnus me contactent pour savoir quand je rejoue. Dans ces moments, je vois que je suis capable de toucher des gens, et ça me donne beaucoup d’espoir pour la suite.

Jouer sous terre me permet aussi de gagner en confiance et d’expérimenter beaucoup de choses, c’est extrêmement enrichissant… On ne s’imagine pas tout ce qui peut se passer en quelques heures dans un couloir!

13304942_1728310407426031_661889353345069447_oCrédit photo: Mauricio Béraud

Un ingénieur du son, ancien musicien du métro, m’a repéré sur youtube il y a quelques temps et — énorme aubaine! —  m’a proposé d’enregistrer un album. J’ai sélectionné quatorze reprises que je jouais initialement guitare/voix, auxquelles il a apporté des arrangements, et le CD est maintenant prêt à être distribué !
C’est une vraie chance que j’ai: aujourd’hui faut pas que du talent, il faut aussi une bonne com’! Parce que des gens qui chantent à la guitare, c’est pas vraiment ce qui manque, donc il faut que je parvienne à me démarquer.

 Le truc, c’est que je ne suis pas une instrumentiste de folie. Donc je réfléchis à quelle formule adopter. Les pédales loop ou le launchpad m’intéressent pas mal: ça te permet de superposer des voix, mais pas que! Tu peux aussi créer énormément de choses, donc je vais peut-être explorer un peu de ce côté là.
Il faut aussi penser à l’aspect scénique, pour lequel j’aimerais trouver un concept avec un visuel. Ca demande encore réflexion!   

Aussi, depuis que j’ai commencé à jouer dans le métro, je tiens un carnet où je note les rencontres que j’ai pu faire dans ma journée. C’est intéressant de vérifier par sa propre expérience que ce sont souvent ceux qui ont le moins qui peuvent donner le plus. Par exemple des SDF qui tiennent absolument à offrir quelque chose: un bonbon, un ruban, un échantillon de parfum…

L’autre jour, un monsieur est passé, il a sorti des feutres à craies et m’a offert ceci:

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Aujourd’hui, je me dis que j’ai eu raison de suivre cette voie. Après le lycée, je me suis empêchée d’avancer (faire des études « comme c’est d’usage », parce-que tu n’oses pas te lancer dans un truc « sans cadre » etc..).
J’ai fait une licence de com’, dans laquelle j’ai l’impression d’avoir perdu du temps — bien que rien ne soit jamais perdu! —, après laquelle j’aurais dû partir un an en Australie avec un ami. Mais en juillet, au dernier moment,  il m’annonce qu’il ne peut plus partir.
A ce moment, par « hasard », je tombe sur une publicité pour une formation musicale qui ouvrait ses portes à la rentrée. C’est un peu tombé du ciel (rires), et c’est ce qui m’a fait me dire: arrête de te poser des barrières.

Si j’étais partie en Australie, je ne serais certainement pas là à discuter avec toi ou à chanter dans le métro. Et comme tu as pu le remarquer en prenant ma carte de visite à Répu l’autre jour, ce qui est fabuleux là-dessous, contrairement à ce qu’on dit de Paris en général, c’est que les gens viennent à toi avec le sourire. Puisque ceux qui ne s’arrêtent pas, ceux qui foncent, on ne les voit pas.

Ses différentes pages pour plus de contenu: YoutubeFacebookInstagram

Retrouvez Marie à un prochain évènement Cultiv’Ame!

G.Boudin-Fabre

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