MAWUP

Comme le mec qui voulait aller de son point A à un point B, un rédacteur doit savoir composer ; du premier au second point, rien ne se passe jamais comme prévu et l’on finit toujours en C.
Je connais Cinna et François depuis le lycée, on se croise entre soirées et événements, ce qui nous donne l’occasion de jacter musique. Partie sur un article sur le glitch, je comptais l’introduire par le groupe parisien Mawup. Le point C a vite pointé son nez.

 

Avec l'aimable autorisation de Asymetr et Mawup

Avec l’aimable autorisation de Asymetr et Mawup

 

Ils se sont découverts à la fac pendant leur double cursus mêlant sciences brutes et musicologie. François, sur des bases de classique, a su déborder et se construire une musicalité grâce à une multitude d’expériences aux formations musicales variées. Cinna, lui, a fondé son premier groupe au collège en tant que batteur et s’est dirigé de façon toute aussi impulsive qu’auto-didacte vers la musique électronique. Deux passionnés en recherche permanente, deux personnages aux influences multiples, sans revendication aucune, à la légèreté de l’être très réfléchie.

20h15, conservatoire Mozart [CRR de musiques actuelles, ndlr] . Un mec cool à l’accueil m’indique la salle, je ne sais pas ce qui va se produire en descendant au sous-sol.

« Imprévisibles », voilà ce qui pourrait les caractériser.
Lorsque je leur demande comment ils sont parvenus à faire de l’électro-glitch, une évidence s’impose : « On fait juste du Mawup, rien d’autre. ».

2014. Tout commence chez Cinna, qui propose tout simplement de sampler [transformer une mélodie instrumentale en beat, ndlr] la basse, dans un enthousiasme convaincu. François est un peu sceptique, mais dès que le résultat sort, ils sentent le truc ; il suffit seulement d’appuyer sur « Entrée » pour percevoir l’innovation crépusculaire. Après ça, ils jouent ensemble un an et demi, en toute innocence et liberté, jusqu’à ce qu’on leur commande un set pour le tremplin étudiant des Sorbonnes Live. Ils finissent avec le prix du jury et celui du public, des enregistrements et une multitude de rencontres à la clef : ils passent à l’étape festival.

De Septembre 2015 à l’été 2016, François part vivre ses expériences berlinoises – dont la musicalité se rapprochait de Mawup – et joue dans un groupe de rock sur place. Quant à Cinna, il décolle pour Montréal et s’enfonce dans les méandres des sous-genres musicaux, flirtant entre acousmatique et électroacoustique ; en exil dans sa bulle sonore, éclatée ponctuellement par des enseignements qui le marquent dans sa perception tout comme dans sa manière de composer. Restant connectés, ils s’envoient leurs trouvailles, quelles qu’elles soient. Mawup, même morcelé, demeure et gagne en maturité.

À gauche François, à droite Cinna

À l’automne, il s’imposent une toute première deadline : leur premier album, Corridor, sortira le première janvier 2017. À partir de là, ils répètent en studio six fois par semaine et continuent d’avancer dominicalement chez Cinna, lieu d’initiation mawupesque. Leur dynamique est bouleversée et leur productivité croît comme jamais dès cet instant. Corridor comportera six titres enregistrés avant leur échange universitaire, et quatre nouveautés, composées depuis l’été 2016.
Dans cet album en préparation, le fait-maison domine : de la composition à la texture sonore, tout est étudié méticuleusement par le bassiste et le machiniste, le mix et le mastering sont agencés par des amis, tout comme les visuels et clips en devenir. Les sonorités sont plus obscures, plus épaisses qu’au commencement, les textures, très étudiées. Mawup étant dépourvu de vocaux, ils illustrent leur musique par le biais de leur palette sonore presque infinie, composées des projections mentales qu’ils composent trait par trait.

Il a beau être composé de deux individus, Mawup n’en reste pas moins un groupe scindé. Puisant dans leur source commune – le rock – qu’ils électrifient, chacun enfile tant de rôles qu’ils pourraient être quatre ou cinq, sur scène comme en studio, et on y verrait que du feu. C’est un tout, une entité complète.

Cinna s’appuie énormément sur les jeux de l’aléatoire, alors que François apporte beaucoup d’importance au choix des notes, l’écart qu’il peut y avoir entre elles. Le groupe est atypique, leur genre l’est également : puisque précurseurs, ils jouent avec des codes qu’ils construisent, découvrant par eux-mêmes. L’expérimentation musicale, le mélange d’ingrédients appropriés, c’est ce qui les structure.

La scène, ils la distinguent du studio ou même de l’écoute individuelle, tant et si bien que leurs lives n’ont rien à voir avec leurs enregistrements : la symbiose avec la foule compte, et la manière de la vivre est totalement à part de ce moment où, seul ou en petit comité, on écoute leurs productions très différemment.

« Une fois que l’album sera sorti, on veut faire le max de dates à Paris, on a déjà plein de plans, on veut faire des salles, des festivals de banlieue (où les salles et l’ambiance sont trop cool).
Pour nous, la scène, c’est primordial : Mawup est presque né sur scène, avant c’était de la musique entre potes, et le groupe a été créé au premier live : en un mois on a fait huit concerts, Sorbonne Live inclus.
La scène, c’était avant le studio : on a des morceaux spécifiques, propres à la scène, conçus pour qu’on la vive ensemble, avec le public, alors que l’album c’est vraiment un truc d’écoute en mode chill dans ton salon avec ton daron ou avant d’aller te coucher. »


Un avant-goût ?


Retrouvez Mawup sur Facebook, SoundCloud, et YouTube
et bientôt en collab’ avec CVA !

Maud S.

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