Jibé te met ta morphose

Peintre, sculpteur, mais avant tout styliste; on a connu Jibé à la plage du Glazart dans une ambiance électrique, et une collaboration avec Cultiv’Ame s’est rapidement profilée à l’horizon.
Rencontre autour d’un dégradé de vins.

CA: Attends, avant de commencer, il est de qui ce son ?

Jibé: Alors ça je l’ai co-écrit avec un ami qui retranscrivait musicalement ce que je lui dessinais. Le titre c’est « Etat 19 » parce qu’on en a fait 19 versions. Et comme je travaille sur les métamorphoses du corps et de l’esprit, ça a donné ce titre un peu étrange. Elle est pleine d’influences diverses, (bon pas de hardtek, parce que sinon, là, personne la regarde ta vidéo), mais je veux qu’on retrouve l’ambiance de la musique que j’écoute dans mon travail, de J-M Jarre à la hardtek —justement (rires)— en passant par tout ce que tu veux. Mes principales influences sont électroniques, mais je ne suis pas fermé au reste, bien au contraire!

L’image contient peut-être : une personne ou plus

 

Quand tu parles de « métamorphoses », ça consiste en quoi ?

En fait ça ne s’arrête pas au simple fait de l’habillement : j’essaye de réinventer le « Moi », le « ça » et le « Surmoi » de Freud, pour les métamorphoser en le « Corps », le « vêtement/ seconde peau» et le « Pourquoi/ la relation qui les unit » .
Le vêtement recouvre son hôte à mi-chemin entre l’étouffement et la greffe, les volumes épousent ceux du corps et s’en écartent, se décollent pour en créer d’autres. Est-ce donc le vêtement qui crée de nouvelles formes au corps ou celui-ci qui vient compléter le vêtement ? Portons-nous un vêtement, est-ce lui qui nous habille, ou bien nous transforme-t-il malgré nous ?

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Tu parles de métamorphoses, mais dans ta vidéo il y a aussi du mouvement dans les corps, de la direction artistique, du show !

Justement, si j’arrive à monter mon truc, le défilé ressemblera plus à un spectacle : je choisis le modèle selon la tenue qu’il devra porter, en fait. Parce que pour créer des looks, il ne faut rien laisser au hasard (make up, coiffure, allure..), travailler les détails, car c’est l’ensemble qui fait la mode.
J’ai beaucoup travaillé sur les insectes par exemple, j’adore leurs silhouettes désarticulées! Pour les scarabées, à la présentation de mon examen, en 2012, ça partait de l’allure du mec déchiré qui rentre de soirée, et j’ai eu de très bons retours.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Ton art est tout de même particulier, on imagine que tu n’as pas toujours eu que des bons retours…

Bah c’est pas ça le problème, c’est surtout que j’ai besoin d’autre chose que « j’ai bien aimé » ou « j’ai pas aimé » (rires). D’ailleurs, qu’on s’entende bien : « artiste », c’est un bien grand mot qui fait très prétentieux pour moi. Je suis plasticien, styliste, fabricant, et si tu catalogues mon travail comme de l’art, très bien, mais moi je m’y refuse.
Je ne veux pas réserver mon travail à des « élites intellectuelles ». L’important, c’est que n’importe qui rentre dans mon expo et ressorte en ayant capté quelque chose.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Ce n’est peut-être pas de l’art pour toi, mais il y a quand même un fort esthétisme dans tes créations…

Bien sûr qu’il y en a toujours ! Parce que j’ai hor-reur du parpaing à 5000 euros, posé au milieu d’une galerie et dépourvu d ‘explications ou de recherche esthétique. A l’époque, t’avais Marcel Duchamp – que j’adore – qui avait posé un urinoir dans un musée, et actuellement personne n’a son niveau car ça a déjà été fait et qu’il est allé jusqu’au bout du concept.
J’ai jamais été comme tout le monde, mais je vais pas tenter de provoquer en faisant le rebelle comme ces gens –là. C’est devenu une mode de montrer son cul, faire de la provoc’… Enfin tout le monde l’a déjà fait avant toi hein, ça sert a rien d’insister (rires). C’est pas forcément aller à l’encontre que je veux, c’est questionner les gens.

expos-istres-jibe-8874Photographie © Martial Arnaud

 Du coup, sur quoi voudrais-tu orienter leur questionnement ?

Je voudrais qu’ils se « métamorphosent », qu’ils arrêtent de penser par rapport aux autres, s’entre-juger… Mais plutôt qu’ils affirment leurs personnalités. Parce que même si la jupe pour homme a été inventée, qui l’ose réellement ? Et pourquoi ?


En fait, je pars toujours d’une certaine démarche, en recherche constante de la question de Paul Gauguin : « Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? ».
Tiens, un exemple : à ma dernière expo il y avait une visite avec les enfants. Et c’est très intéressant car j’avais présenté le monstre tout en cheveux de la vidéo, et contre toute attente ce sont les filles qui sont allées le voir! Alors que les garçons étaient devant les éventails en plumes; j’aurais jamais pensé ! Je sais pas trop quoi en déduire, à part qu’on est fait de pleins de préjugés, de stéréotypes, de choses qu’on nous oblige à faire mais qu’on ne pense pas forcément. Ca relate bien du mystère de chacun d’entre nous…

gggg-3068gggg-3071
Photographie © Martial Arnaud


Personne ne sait ce que t’as dans la tête. Là, tu pourrais être en train de te dire « Oh mais j’en ai rien a foutre de sa vie quel gros con » , je le saurais pas. Moi-même je peux te dire que je ne sais pas ce que j’ai dans la tête, car si c’était le cas, je ne pourrais plus me questionner, et donc travailler.

En conclusion, pour Jibé: « METAMORPH’OSE, ET VOUS ? »

Sa page Facebook pour plus de détails sur son travail: Jibé Assey

Retrouvez son travail à un futur événement Cultiv’Ame!

Terrence et Philippe

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s